Zoer Ouldedine, LBGT algérien : «Il y a contradiction entre l’ambition de contrôler la maladie et le contexte juridique qui est défavorable »

Il est et le coordonnateur régional chargé de la documentation et du plaidoyer à la Fondation Arabe pour la liberté et l’égalité. Une Ong algérienne qui défend les intérêts des communautés Lgbt et dont le membre était présent au forum des Ong des droits de l’homme qui a été organisé à Banjul en Gambie à la veille de la tenue de la 61è session et 30è anniversaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Comment vivent les LGBT dans votre pays. En Algérie, l’homosexualité est condamnée par le code pénal, dans l’article 338 qui dit que tout acte d’homosexualité est passible de peine de prison et d’amande. Il y a aussi la société qui refuse tout ce qui est différence et qui sort de la normativité. Du coup c’est une situation très difficile pour les personnes Lgbt. Souvent elles se cachent et si jamais certaines décident de sortir, de s’exprimer sur leur identité, elles sont soit agressées, soit mises en prison, etc. Les gens sont rejetés de manière générale.

La constitution algérienne est basée sur l’article n°2 qui dit que l’Islam est la religion de l’Etat. Et du coup dans les normes musulmanes, dans le pays c’est un péché grave et les gens sont rejetés par la société. En général, ils sont considérés comme des malades comme des pécheurs qu’il faut bannir.

Mais l’accès aux soins de santé est entrain d‘atténuer ce sentiment pour les LGBT sur le continent. L’accès aux soins est complètement différent, par exemple si on parle de la trithérapie l’Etat prend en charge complètement toute personne ayant besoin des soins peu importe son identité. Il y a quand même une contradiction, par exemple, comment pouvons-nous optimiser le dépistage du Vih si la personne qui dit avoir des relations sexuelles avec une autre du même sexe est criminalisée par une loi. Il y a contradiction entre l’ambition de contrôler la maladie et le contexte juridique qui est défavorable. Il y a beaucoup de stigmatisation vis-à-vis des Personnes vivants avec le Vih qui sont de la communauté homosexuelle. Quand on va aire le dépistage, il y a des questions qui sont liées à votre orientation sexuelle. Et très souvent par honnêteté que les gens répondent par l’affirmative.

 Et même si l’information est protégée sur le papier, il y a beaucoup de comportements négatifs même du corps médical. J’ai un ami à moi qui est allé faire un dépistage dans une clinique, lorsque le médecin lui a demandé s’il avait des relations sexuelles avec une personne du même sexe, quand il dit oui, le médecin lui a demandé comment il fait avec Dieu. Pour vous dire que la religion est très importante dans le pays.

Les LGBT s’auto stigmatisent aussi. Je ne sais pas si on peut appeler cela de l’auto-stigmatisation, mais une communauté qui vit dans le secret, qui s’enferme parce qu’on a peur d’être arrêté, n’a pas la possibilité de faire un travail important sur la bienveillance, la vie avec les autres, comment se comporter avec les gens de la communauté elle-même. Par exemple, il y a beaucoup, de stigma contre la population transsexuelle, qui est ancrée dans la population Gays, il y a beaucoup de stigma contre les lesbiennes. Le contexte défavorable nous empêche de travailler là-dessus. Dans ces conditions de répression, les LGBt se sentent obligés de cacher leur identité sexuelle. Dans mon organisation nous avons par exemple des témoignages sur les stigmatisations et les discriminations dans le lieu de travail basé sur l’identité de genre et l’identité sexuelle. Souvent quand une personne a dans son expression de vie, dans sa façon d’être des signes que montrent qu’elle est différente, elle subit beaucoup de stigmatisation et souvent du harcèlement.

Par ISNjabun